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Real TV France - STAR ACADEMY 8 : Fais moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
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STAR ACADEMY 8 : Fais moi mal, Johnny, Johnny, Johnny |
18 Octobre 2008 |
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Proverbe télévisuel : autant d’années la Starac tiendra, autant de fois le Johnny reviendra ! Donc, dans le brouet du soir, autour de la grosse mouche Hallyday : le doryphore Lorie, la chikungunyante Sofia Essaidi et sa moustiqueuse troupe kamilienne Cléopâtre, les abeilles-danseuses Bharati, les criquets importés Kate de Luna et Chris Brown, la sauterelle Laurent Wolf et la libellule Julien Doré.
L’écume aux lèvres, les gamins en compet « allument le feu » autour d’un Johnny déifié, celui-ci s’extrayant au passage d’un épais brouillard fabriqué par les frères Rodriiiiguez ! Puis les gosses le finissent à coup de "Viiiiiiiivre pour le meilleeeuuuur" approximatifs dans la tonalité…Et là, d’un coup, l’écoutant égrainer les lapalissades ainsi que la bourse enchaîne les effondrements du CAC 40, j’ai pitié ! Il est moulu, notre Johnny, claqué, flapi, échiné, aplati, las des incessantes hurlantes de speedy-Nikos : « Joooohnnnyyy ààà laaa staaaraaaaaaaaaaac… », et courbatu par ses riffs de guitares en play back ! On peine alors à le faire crier avec les voraces Mikels et Quentin la persistante Gabrielle ! L’aïeul somnole déjà mais les petits sont orgasmiques et…jouissent tous seuls : 13.5 et 14 ! Lady Armande, habillée en col vert, sûrement en hommage aux canards médocains (!) fait sa sévère ! Moralité : notes en baisse, coup de pied dans les fesses et audimat en liesse (euh, peut-être …bientôt……) !
Ah ! Le top, le classement, rangement, calibrage des élèves, ou loto starac : on a coché pour la semaine : 9 Gautier, 8 Yvane, 7 Edouard, 6 Mikels, 5 Anissa, 4 Harold, 3 Joanna, 2 Solène, 1 Quentin. Toujours logique, la prod récompense la…3ème ! Ah bon ! Bravo Solène : tu gagnes 20h de vols en deux jours (!!) et 9h de jet-lag dans la vue pour pister Céline Dion dans les coulisses de son concert, lundi, à …Vancouver ! C’est un concept dans le rapport qualité/quantité !! Comme s’offrir un aller retour à Naples en une après-midi pour une unique léchouille de gelatti !
Quant à la bienheureuse Anissa, elle a tiré la rosette : tektoniker avec Lorie ! « 7 millions d’albums vendus ! » s’étrangle Nikos : prodige ! La vedette peut donc faire n’importe quoi….et elle le fait ! Habillée en majorette et armée d’un antique micro vocodeur, elle envoie aussitôt ce qu’il reste de la tektonic au panthéon du ringard ! La fortunée Anissa profite de la timbale : 14.2.
Evénement : master Ouali qui donne dans la comédie musicale bankable, monte prochainement la ptoléméenne Cléopâtre en tout bien tout honneur, avec la starackienne Sofia Essaidi ; alors : si vous kiffez les tubulures sonores bien hurlantes et monocordes genre Roi Lion, les chorées toutes en gracieusetés ondulatoires et costumes pimpants d’Holiday on Nice, et avez tout appris de l’Egypte dans Astérix et Cléopâtre : le pied, réservez ! Mais attention ! Si vous ne supportez que les spectacles corporels de Preljocaj ou Sasha Waltz, sur fond sonore du berçant Abécédaire de Gilles Deleuze, tout en dégustant les joviaux recueils de poèmes de Houllebecq : fuyez ! Bref : après l’extrait offert, on notera, pour leur participation éphémère à la chose, que la candidate Joanna est bonne même dans le mauvais, et l’élève Harold porte beau la jupette à ras de l’entre cuisse !
Chaque année, la prod met en exergue deux gars qui se cherchent : pour la cuvée 2008, ce sont les nommés Gautier et Edouard qui se disputaillent ; autant se prendre la tête en live, et les faire se fighter sur le classique Ma Gueule, sous le nez du mormon Johnny ! Plantés tels deux flageolets prêts à l’explosion sur des plots en érection, ils se postillonnent dessus, l’air aussi mauvais que Brad face à son ennemi Victor dans les Feux de l’amour ! « Heu…c’est intéressant ! » Ponctue Siddhârta-Johnny ! « Qu’est-ce que je peux dire…manque de conviction de vécu, de rage.. ! » Résumons la pensée hallydayenne : c’est à ch.… ! Et dans la g…. pour Gautier : 13.5.
Après le passage, sur la frêle Anissa, de l’ouragan d’outre atlantique Kat DeLuna, clone de Shakira, laquelle a déréglé accessoirement tous les sens du dragouilleur de vedettes Nikos, la nominée Maryline nous inonde d’ 1 minute 30 de Zazie, quand mon œil diverge mollement sur le déroulant au bas de l’écran... Stupeur ! Effarement ! Son fiancé débarque pour la demander en mariage, là, maintenant ! Vite, on matte de tout coté, affolé, pendant que la petite finit de clamer son Zazie et décolle même un 14 des pingres profs ! Eh zou ! Le voilà, à genoux déclamant face à sa promise avec bague et costard de circonstance …stooop !! Pourquoi pas le lancer de riz et le curé sur le plateau ! On se perd dans Sacré Soirée, Bataille/Fontaine, le Loft, Confessions intimes… Incommodée, la maligne Maryline tourne le dos à la vorace caméra pour dire…un petit oui ; j’ai le riz sur l’estomac, moi…..
Pendant ce temps, quaker Johnny discutaille avec Nikos…et soudain, il passe dans la 4ème dimension ! Même fringues, même brushing, même lifting, mais on est…hier ! Il pond donc un beau pâté musical, (la Bo de Gost en franglais si je ne m’abuse) avec la tous-terrains Joanna, pâté enregistré la vieille, en cas de toux intempestive. Le logo « direct » reflue pour la note, 15.2. Apres 40 ans de carrière, Johnny nous prend encore pour des jambons….
Julien Doré, lui, a bien compris qu’on avait dépassé le temps de l’ORTF et se joue de la Société du spectacle intriguée par Guy Debord, avec son excellentissime tube néo retro les Limites, servant ainsi à la sautillante Solène, un frais 15.2. Mais interrompant l’esthéticien Doré, lequel commençait à subodorer que "la réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de sa seule contemplation", le duchampiste Ouali prépare son poulain du soir Édouard à se rouler sensuellement sur des danseuses en chantant les hot-standards souls Fever et Hit the road Jack : 15.2, bien roulé !
La gentille Alice, transparente Alice, commence à donner des sueurs froides à la prod, tel un gremlinz : invirable ! Le public s’est en effet pris d’amour pour la gamine, lequel doit sûrement être victime comme l’expliquerait le nouvel ami de Tf1 Guy Debord, d' "un abus du monde de la vision , un produit des techniques de diffusion massives des images", ; autrement dit, la gosse est mignonne et pour le reste….quand vous chantez du Madonna en passant l’aspirateur, le samedi matin, et bien c’est pareil ! L’aimable nominée chevauche bien innocemment une grosse moto en susurrant Harley Davidson …même Bardot vielle ferait mieux aujourd’hui ! Oh ! Son gentil copain Gautier lui a écrit une chanson…Oh ! C’est nul…Oh ! Les profs saquent …Oh : 13 !
Eclairé toujours par notre petit Guy Debord illustré, constatons « que la marchandise se contemple elle-même dans un monde qu’elle a créé » : la tutrice Sofia Essaidi revient nous déverser un pré-fabriqué pathos sur les godasses, en jouant à Maurane et Lara Fabian avec son étudiante Anissa : Tu es mon autre ; lugubre ! Un bisou de la famille de la sus-dite plus tard, Nikos lustre le plateau pour Chris Brown tout en capuche et sac à dos, et qui dans le monde du RnB’, est au TGV ce que Pokora est à la Kango ! Le bien élevé Harold, fan de suave pop anglaise et donc en plein contre-emploi, s’en défonce le mollet de hargne et limite la casse par miracle: 14.3 !
Le pasteur Yvane continue son chemin vers la rédemption : fini la harpie irascible qui crachait ses bouffées de colère dans des incompréhensibles monologues déclamés en diction Fifty Cent ! Place désormais à Guy Béart, Bruel, Sardou, Henri Dess, Annie Cordy, Ricé Barrier… et aujourd’hui...Joe Dassin ! On redoute l’effet suppositoire à la camomille, mais il y a un truc en plus : c’est la version indienne de Si tu n'existais pas qui nous est servie, avec la troupe de danse Bharati…hum…Curieux ! On reste dubitatif quant à l’association des deux concepts, valables au demeurant : un peu comme le chocolat au chabichou ou la glace au munster ! Le jury régurgite aussi : 13.8 !
L’habile dj Laurent Wolf lave tout ça au lance-flamme ; Joanna, Harold et Solène nous décapent les sens sur les planétaires Wash my world et No stress et ça régénère ! Puis la triste nominée Julia lance un attristé Message personnel puis accueille ses affligés amis….un morose 13, pour le rouge à lèvre.
Professeur Doré revient se balader tout en légèreté et plasticité sur Love de Nat King Cole, aidé des très figuratives fi-filles nominées, et c’est alors que nous réfléchissons sur "l’excessivité du spectacle néo- mythologique" selon Roland Barthes, devant le collégial hymne confus de la promo Sing, puis le nouvel opus de l’encapuchonné Chris Brown (écœurant velouté sirupeux servi à Joanna).
Damned ! L’oreillette de Nikos annonce alors la catastrophe industrielle : le public réclame encore … la pâlotte Alice à 60 % ! Et la prod, accablée, de réaliser que « le spectacle est le cœur de l’irréalisme de la société réelle.. »
Dans un sursaut d’intelligence inespérée, la future ex-candidate Julia conçoit alors que « dans ce monde réellement inversé, le vrai est un moment du faux » et prie lucidement ses collègues de la virer illico de sa place de cancre, certifiant la constipée Maryline qui sourit et capte que goutte...
Car la futée Julia avait compris que la télévision « exige par principe une acceptation passive (…) obtenue par sa manière d’apparaitre sans réplique, par son monopole de l’apparence… », du moins, je crois...
Guy Debord, La société du spectacle, Edition Buchet-Chastel, Paris, 1967
Par Cathy
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